L’un céleste

L’un céleste

Mais bien planqué

Entre les arbres

Nocturnes


L’autre souple

Guettant la vie

Guettant l’amour

Aux alentours de la forêt

De la grande nuit

Au petit jour


Tous deux fuient

Les branches numérotées

Les feuilles classées

Et les épines

Interchangeables

En emportant

Dans leurs ailes

Un peu de pain

Un peu de sel !

Maria Zaki (Inédit, 2012).

Livrée à mes délires

Livrée à mes délires

Entre la racine et la cime

Sur le tronc du silence

Qui parle

Et ne parle pas


Un peu de sève

Me suffira

Pour éviter la pendaison

De mes espoirs


Et si en plus

Un oiseau se posait

Sur une de mes branches

Je promets de le laisser

Chanter

Le drame de l’être

Sans en avoir peur !

Maria Zaki (Soudain les roses pourpres, 2012).

Du vert en grande quantité

Du vert

En grande quantité

Du rouge

Juste une pincée

Une poignée de bleu

Et un zeste d’orange !


Une formidable recette

Qui me lie au poème

Non pas comme

Un arc-en-ciel

Apparent

Mais comme un secret

Caché au cœur

D’un talisman !


Lien symbolique

Qui

À chaque rencontre

Ressuscite et reverdit

Pour m’accorder

La plus belle raison

De conjurer tous

Les mystères du monde !

Maria Zaki (Soudain les roses pourpres, 2012).

Dans le désert

Dans le désert

Et ses dunes amoureuses

Je fixe l’horizon

Comme on fixe

Le prix de la liberté


Avant de retourner

Au vent et à la poussière

Je mets en vente

Les brides de mon cœur

Elles ne ressentent pas

L’éternité


C’est décidé

Quoiqu’elles fassent

Je vais les céder

Au premier marchand

D’articles équestres

Qui passe !

Maria Zaki (Soudain les roses pourpres, 2012).

La nuit en floraison

La nuit en floraison

Te veut et t’appelle

C’est dit-on

L’heure douce

Du printemps de la poésie


Captés

En lisière de l’oubli

Des vers dépouillés

De leur bruit

Des vers vêtus

De leur mélodie

Emergent de toi

Malgré toi


Une pluie de pétales

Te mouille les lèvres

En attente de joie


Un rêve inavoué

Te fait signe

D’entre les brumes

De l’idéal du moi


Tu étreins son tronc

Tu t’accroches

A l’une de ses branches

Pendant qu’une autre

Envahie d’oiseaux

Te sourit !

Maria Zaki (Inédit, 2012).


La rose pourpre

La rose pourpre que

Je n’ai pas coupée

Frappe à ma porte

Comme un étranger


Elle le fait de nuit

Car elle ne sait

Rien de ma vie


Elle qui ignore

Les portes qui ferment

De dehors

Et celles qui ferment

De dedans


Se dit prête à sacrifier

Son lit de terre

Et son toit de ciel

Pour un peu d’eau

Dans un récipient !

Maria Zaki (Inédit, 2012).

De force et de faiblesse

De force et de faiblesse

Je m’approche

D’une maison hantée

D’âmes pétries

De lassitude


Dans la fumée

Les fantômes se mêlent

Au vivant

C’est dans leur

Habitude


Tout est à l’heure

En ordre

En place

Tout est exactitude


Seuls les enfants

Cassent du verre

Pour blesser un doute

Ou tuer une certitude !

Maria Zaki (Inédit, 2012).


A sa droite

A sa droite

Une plume bleue

De l’oiseau des îles

Aérienne

De toute élégance


A sa gauche

Les ailes géantes

De l’albatros

Considérable poids

Dans la balance


De son œil naît

Astrée

Ultime fleur

Avant la déchéance


Dans le ciel

Tigre et taureau

Colombes et agneaux

Errent


Le taureau mugit

La lune s’éloigne

A jamais vierge

Dans les airs !

 Maria Zaki (Inédit, 2012).

Nous voyageons ensemble

Nous voyageons

Ensemble

Mon destin et moi


Nous chantons

Toujours

A en pleurer

Parfois


Entre choix

Et obéissance

Je brouille

Les pistes de danse

Il dicte ses lois


Je me demande

Qui de nous sera

A la hauteur

De sa feuille de route !

Maria Zaki (Inédit, 2012).

Une fable dit

Une fable dit :

Quand elles ne tombent pas dans un puits

Les tortues volent avec les papillons…

Pour que nos corps s’élèvent

Dans un même songe

Il suffit qu’un ange

Devienne notre ami

Qu’il nous confie son secret

Dans cette chambre

Allumée de romance

Rien n’est plus vrai

Qu’un moment partagé

Au travers d’une fenêtre

Ouverte à moitié

Que les voyageurs du temps

Nomment Aimance

Comme eux

Nous allons aussi loin que

Nous portent nos pas

Sous l’oeil d’un rideau tiré

Pour nous rapprocher dans

Pareille immensité

Coupables et innocents

Nous rendons hommage

A la complicité qui nous unit

Nous l’inscrivons sur nos coeurs

En douceur

Sans oublier la ferveur

De notre cher ami !

Maria Zaki (Entre ombre et lumière, 2007).