Archive pour juin 2011

Toutes les cordes

Toutes les cordes

De mon luth corporel

Vibrent

Sous la lumière

Des herbes folles

D’un rêve sensuel

Dans lequel

Mon poème projeté

Sur le mur de ta solitude 

Achève le doute

De ton champ sauvage

Toujours prêt

A convoiter

De l’encre noire !

Mon cœur se cache

Sagement

Dans une rose rouge

Pourvu que

L’alchimie des couleurs

Eclose entre tes doigts

Et les feuilles blanches

De notre destin !

Maria Zaki (Sillages 78, 2011).

L’ange sauvage du désert

L’ange sauvage du désert

Lance le compte à rebours

Et s’envole sans faire de bruit

C’est la mille et deuxième nuit

La nuit de personne

Shéhérazade se dissimule

Dans un vœu de silence

A nos risques et périls

L’aurore surgissant de la nuit

Sera sans porte ni fenêtre

Comme un mur aveugle

Notre hôte du langage

Frissonne à la fin du conte

Enchaînée à jamais

Dans les puissances du doute !

 Maria Zaki (Entre ombre et lumière, 2007).

Laisse-moi te raconter

Laisse-moi te raconter

Laisse-moi te dire !

Inépuisable narratrice

Rassure-toi

La nuit est passée

D’une main fatale

Le jour vient de te sauver …

Que reste-t-il, Shéhérazade

Des trésors que tu nous as légués ?

Que d’histoires dispersées

Dans les recoins de notre

Mémoire d’Orientales !

Que de balises pour parcourir

La peur au ventre

La nuit sans s’arrêter !

Jusqu’à quand notre sang

Va-t-il couler

Avant que notre récit

Ne soit porteur

De notre volonté

Et que nos vies

Ne soient plus

Jouées aux dés !

Maria Zaki (Entre ombre et lumière, 2007).

Ton nom est mon soupir

Ton nom est mon soupir

Dans la nuit torsadée

De secrets et de désirs

Toi, qui marches dans

Le cortège de mes vers

Comme on marche

A l’orée du désert

Toi, qui réinventes

Chaque nuit un conte

Que tu dépoussières

Embrassant à l’intuition

La lèvre chancelante

De la première lueur

Toi, la fugitive du jeu

La mémoire et l’enjeu

Toi, la proche lointaine

Belle Shéhérazade

En ton nom, il n’est rien

Qui me revienne !

Maria Zaki (Entre ombre et lumière, 2007).

Quand mon poème se revêt

Quand mon poème se revêt

Du bleu-vert du ciel

Il ondoie

Entre tes doigts

Et les plis des voyelles !

Quand il se dénude

Il déchire le réel

Et demeure étranger

Y a-t-il dans ton ombre

Un abri pour lui ?

Comme l’encre

Qui monte aux yeux

Amer et exquis

Il couvre le jour

Et emplit la nuit

Il tremble de se couper

A chaque saison

Un membre !

Sans corps

Qui accueillera

Son être-au-monde ?

Maria Zaki (Sur les dunes de l’aimance, 2011).

Depuis le retour de tes heures

Depuis le retour

De tes heures

Au milieu de mes jours

Le temps nage

En dehors des ères

Sur les plages

De mon calendrier

Je dessine ton visage

Je n’arrache aucun jour

Même le plus replié


Chaque minute

Est un vers

Libérant mon poème

De sa tension intérieure


Qu’importe le temps

Qu’il me reste

A tenir sur un parcours

Sentant bon

La douceur de renaître !

Maria Zaki (Inédit, 2011).