Etrangère au sein du plus familier
Etrangère au sein
Du plus familier
Je voyage sur les ailes
D’une langue
Amarrée au silence
Au-delà de l’intensité
Des mots sans voix
Leur résonance en moi !
Ne dit-on pas
Que les grands voyages
Débutent par
Un premier pas ?
Je le risque
Sans regrets ni remords
Et un autre pas
Puis un autre…
Jusqu’à l’entrée
D’une terre
Passagère des corps !
Maria Zaki (Inédit, 2011).
Le corps agité de soubresauts
Image : Rayon vert

Le corps agité de soubresauts
Toute la nuit je t’écris
Flammes
Qui dansent par-ci
Ondes
Qui tremblent par-là
Toutes me franchissent
Pour aller vers toi
Nuées d’étoiles
Filant entre les jointures
Mal colmatées
De mon âme
Et je n’ose plus respirer
De peur de rompre le charme !
A l’aube
Je ferme les yeux
Et me laisse glisser
Dans le sommeil
Avec la bénédiction
De ton aimance
Qui a transformé
En velours
La dureté de mon silence !
Imperturbable
Un chat passe
Tout près de moi
J’envie sa sagesse
Et la lente mélodie
De son corps !
Maria Zaki (Sur les dunes de l’aimance, 2011).
Ne t’offre pas au tonnerre
Ne t’offre pas au tonnerre
La foudre vient
De faire un carnage
Garde en toi
La tentation du soleil
Ne porte jamais
Son deuil sur ton visage
Aucun fou
Qui cache sa vérité
Contre son cœur
N’est vraiment fou !
Maria Zaki (Inédit, 2011).
Sur la pente radieuse
Sur la pente radieuse
Entrelaçant
La descente du soleil
Il sème des graines
Sans faire de bruit
Leur donne des noms
D’anges exotiques
Pour combler
Son manque d’éternité
Entre insouciance
Et gravité
Même dans le désert
L’amour sème l’amour !
Maria Zaki (Inédit, 2011).
Comment ne pas prendre
Comment ne pas
Prendre la porte
Des hautes mers
Quand on a eu
Sept mois
Pour colmater
Son cœur
Huit couleurs
Pour en repeindre
La coque
Et des oiseaux bleus
Pour porter
L’offrande aux cieux ?
Maria Zaki (Inédit, 2011).
Depuis qu’un ange
Image : Songe d’une nuit de novembre

Depuis qu’un ange
S’est mis en tête
De m’attendre derrière
La vitre de l’absence
Je jette des cailloux
A toutes les fenêtres
C’est assez
Pour que s’ouvre
Une brèche
Dans la dispersion
Du temps rêveur
A condition
De ne pas tirer
Sur l’oiseau moqueur !
Maria Zaki (Inédit, 2011).
Pas de contrainte dans la foi !
Pas de contrainte dans la foi !
Quand l’œil intérieur
S’ouvre librement
Et que l’être célèbre
La moindre connaissance
Avec ou sans sagesse
Il tiendra ses promesses !
Quand l’œil intérieur
Contraint, se referme
Et que l’être initié
Beugle à son tour
Avec ou sans science
Il franchira tout
En aveugle !
Maria Zaki (Le velours du silence, 2010).
Si tu échoues
Image : Bouteille à la mer

Si tu échoues
Désamorce mon message
Dans le bleu de l’air
Dis-je à la bouteille
Que je jette à la mer !
Malgré les marées
J’inventerai
Un passage nocturne
Pour l’atteindre
Dès le premier
Éclat de la lune
Me dit-elle !
Quand il aura fini
Son temps de solitude
Il me ramassera
Dans un sourire
Aussi avéré
Qu’un beau désir
Dont tu seras
La seule à mesurer
La ferveur !
Maria Zaki (Inédit, 2011).
Par consentement tacite
Par consentement tacite
Nous passons la frontière
Entre verbe et confidence
Sur la toile de nos souffles
Mêlés
Les contours de nos désirs
A peine ébauchés
Résisteront-ils
A l’attirance de la souffrance
Dans les brusques déchirures
Du désert ?
De nos eaux closes
Coulent nos poèmes
Hésite tout ce qui
N’est pas sûr de son élan
Tout ce qui expire
Entre deux interdits !
Le rêve de liberté
Se réfugie sous un figuier
L’exigence filiale
Enchaîne nos vers
Au-delà des oasis
Gorgées de sucre
Et de parfums
Les figues glissent
Hors de l’arbre
Tout ce qui n’épouse pas
Le vol de l’oiseau
Tombe !
Désir assouvi
Ou inassouvi
Fleur de l’extase
Tourne et tourne
Derviche dans le vent
Merveilleuse est l’illusion !
Maria Zaki (Sur les dunes de l’aimance, 2011).
D’une main
D’une main
Glisse la caresse
Qui redresse la branche
Pour l’oiseau de l’âme
D’une autre
S’élève le chant
Triomphant des cris
Et des larmes
Nous avons payé
L’impôt sur le bonheur
Comme on paie
L’impôt sur le revenu
Rappelez vos lieutenants
Les poètes
Sont revenus !
Maria Zaki (Inédit, 2011).