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	<title>Patricia Braflan-Trobo</title>
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		<title>La place de la femme dans le gwoka</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2011 14:43:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>patricia-braflan-trobo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[GWOKA]]></category>
		<category><![CDATA[transmission]]></category>

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		<description><![CDATA[Avertissements : Le choix de cet angle
d&#8217;approche du thème de la place de la femme dans le gwoka relève d&#8217;une volonté
de regarder la problématique sous un angle peu ou pas exploré à l&#8217;heure
actuelle. Il ne s&#8217;agit que d&#8217;un aspect de cette problématique que j&#8217;ai illustré
à traves deux femmes. Mmes Solange Bach dite Man Sosso et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Avertissements : Le choix de cet angle</div>
<div>d&#8217;approche du thème de la place de la femme dans le gwoka relève d&#8217;une volonté</div>
<div>de regarder la problématique sous un angle peu ou pas exploré à l&#8217;heure</div>
<div>actuelle. Il ne s&#8217;agit que d&#8217;un aspect de cette problématique que j&#8217;ai illustré</div>
<div>à traves deux femmes. Mmes Solange Bach dite Man Sosso et Jacqueline</div>
<div>Cachemire-Thôle. Personne n&#8217;a été oublié dans cette transmission mais le</div>
<div>lecteur comprendra aisément que dans un tel écrit on ne peut citer tout le</div>
<div>monde ni toutes les pratiques existant ou ayant existé à travers la Guadeloupe.</div>
<div>Parler de la place de la femme dans le</div>
<div>gwoka c&#8217;est avant tout parler de la place de deux piliers de la société</div>
<div>guadeloupéenne. Le gwoka en ce sens qu&#8217;il est considéré pour citer Jocelyn</div>
<div>Gabali dans son livre Diadyéé comme la vraie musique guadeloupéenne et la femme</div>
<div>qui, dans une société matrifocale comme la société guadeloupéenne, est celle</div>
<div>qui même quand l&#8217;homme est présent, exerce l&#8217;autorité au sein de la cellule</div>
<div>familiale.</div>
<div>Le gwoka, musique on le sait issu de la</div>
<div>réinterprétation culturelle des cultures des africains d&#8217;origine diverses</div>
<div>déportés en Guadeloupe pour être mis en esclavage a été pendant longtemps une</div>
<div>musique méprisée, rejetée et pour cause elle était la création de ceux-là mêmes</div>
<div>qui étaient au sein de ce système esclavagiste des biens, voire des bêtes. En</div>
<div>effet le système esclavagiste pour fabriquer un esclave devait avant tout</div>
<div>désocialiser, dépersonnaliser le déporté, lui faire perdre toute référence</div>
<div>antérieure qui pourrait interférer sur le processus d&#8217;esclavagisation.</div>
<div>Dans ce système esclavagiste le gwoka</div>
<div>deviendra naturellement la musique des dominés et donc la musique dominée car</div>
<div>dans un espace social, plus singulièrement un espace comme le contexte</div>
<div>esclavagiste, il existe toujours une hiérarchie culturelle. Et comme</div>
<div>l&#8217;expliquent Marx et Weber, &#8220;la culture de la classe dominante est</div>
<div>toujours la culture dominante&#8221;. Mais parler de culture dominée et de</div>
<div>culture dominante c&#8217;est parler comme le dit Denys Cuche de ce qui existe en</div>
<div>fait dans la réalité à savoir &#8220;des groupes sociaux qui sont dans des</div>
<div>rapports de domination et de subordination les uns par rapport aux autres.&#8221;</div>
<div>Néanmoins une culture toute dominée</div>
<div>qu&#8217;elle soit continue à vivre, à se développer et à se diffuser surtout dans</div>
<div>des cercles fermés et restreints car devant échapper au contrôle social exercé</div>
<div>par le groupe dominant. La domination culturelle il faut le savoir, comme tout</div>
<div>système de domination, n&#8217;est jamais totalement ni définitivement assurée. C&#8217;est</div>
<div>pourquoi, afin de perdurer cette domination doit, nous dit Cuche, s&#8217;accompagner</div>
<div>d&#8217;un travail d&#8217;inculcation dont les effets ne sont jamais univoques ; ils sont</div>
<div>parfois des effets que l&#8217;on peut qualifier de pervers car contraire aux</div>
<div>attentes des dominants, car subir la domination, ne signifie pas y consentir.</div>
<div>Dès lors, pour ce qui est du gwoka</div>
<div>musique de résistance, en ce sens qu&#8217;elle a été un non posé par les déportés</div>
<div>africains et leurs descendants à la bestialisation et à la déshumanisation,</div>
<div>elle continua à exister.</div>
<div>L&#8217;esclavage abolit cette musique</div>
<div>dominée, méprisée fut naturellement le symbole de ceux qui étaient les parias</div>
<div>de la société, les viè nèg, les nèg bitasyon. La colonisation, le pendant de</div>
<div>l&#8217;esclavage pour ce qui est de l&#8217;autodénigrement et du mépris de soi et de tout</div>
<div>ce que l&#8217;on est, continua pendant des années à maintenir le gwoka dans cette</div>
<div>place de musique de divertissement des nègres. Terme qui était synonyme de sous</div>
<div>homme et dont il fallait selon l&#8217;idéologie coloniale, s&#8217;éloigner le plus</div>
<div>possible des attributs, comme le gwoka ou le créole par exemple. Quand on était</div>
<div>quelqu&#8217;un de bien et qu&#8217;on voulait &#8220;s&#8217;élever&#8221; dans la société on</div>
<div>devait s&#8217;éloigner de tout ce qui pouvait permettre d&#8217;être assimilé à un nèg et</div>
<div>encore moins à un viè nèg. On ne dansait pas le gwoka et on ne parlait pas le</div>
<div>créole.</div>
<div>Cette musique continua à vivre dans les</div>
<div>campagnes, à la périphérie des villes, sur les marchés, à travers les groupes</div>
<div>folkloriques mais pour se transmettre comme tout élément patrimonial elle</div>
<div>utilisa ce que Morin appelle les véhicules humains : les hommes et les femmes.</div>
<div>Si les hommes étaient et sont encore</div>
<div>dans le gwoka ceux qui détiennent la légitimité pour ce qui est de jouer la</div>
<div>musique les femmes qui gravitaient autour du gwoka ont souvent été méprisée et</div>
<div>rangée dans le registre de femmes de petite vertu. Dans les campagnes, celle</div>
<div>qui participaient aux moments festifs du paiement de la quinzaine s&#8217;occupaient</div>
<div>des bars, de la nourriture et dansaient accessoirement.</div>
<div>Dans toutes les sociétés existe une</div>
<div>division sociale du travail qui assigne aux hommes et aux femmes un rôle au</div>
<div>sein du foyer. Si les activités extérieures au foyer sont généralement</div>
<div>réservées aux hommes, les activités liées à l&#8217;éducation, à la socialisation des</div>
<div>enfants et aux tâches ménagères sont généralement dévolues aux femmes.</div>
<div>Dans une société esclavagiste et</div>
<div>post-esclavagiste il est essentiel de se rappeler du rôle de la femme et plus</div>
<div>singulièrement de la mère. Pendant la période de l&#8217;esclavage, les enfants comme</div>
<div>le stipulait le code noir suivaient la condition de la mère. Guy Dubreuil (cité</div>
<div>par Gracchus) nous explique que dans ces sociétés se noue une relation intense</div>
<div>et privilégiée entre la mère et l&#8217;enfant dont les traces se retrouveront dans</div>
<div>de nombreux aspects des cultures antillaises. Gracchus lui, parle de la mère,</div>
<div>de la femme comme d&#8217;un lieu de dissimulation et d&#8217;exercice du pouvoir.</div>
<div>Pour ce qui est du rôle des femmes dans</div>
<div>le gwoka des femmes comme Mme Solange Bach, dite Man Sosso et bien d&#8217;autres ont</div>
<div>permis de part leur activité économique que dans les campagnes le gwoka ait un</div>
<div>lieu d&#8217;expression connu et reconnu, elles ont été des maillons essentiels de la</div>
<div>chaine de transmission de cette musique car lui donnant la légitimité, le</div>
<div>crédit et l&#8217;autorité que confère d&#8217;une manière générale dans notre société la</div>
<div>présence de femmes et de mères plus singulièrement au sein d&#8217;une activité.</div>
<div>Ces femmes en lien avec le gwoka, en</div>
<div>plus de donner des enfants à cette musique ont pu de part leur présence</div>
<div>rassurante autoriser d&#8217;autres femmes plus jeunes à dépasser la stigmatisation</div>
<div>et à oser afficher leur amour du gwoka. Cette rencontre de générations a permis</div>
<div>précisément de part le chevauchement des générations une transmission verticale</div>
<div>à savoir des plus vieux vers les plus jeunes. Nous avons à mon avis beaucoup de</div>
<div>bénéficiaires de cette transmission dans la salle.</div>
<div>Néanmoins cette transmission à partir</div>
<div>des campagnes de la Guadeloupe faisait courir un risque au gwoka : que les</div>
<div>détenteurs de la science n&#8217;aient ni le temps de part leur grand âge, ni l&#8217;envie</div>
<div>de parler d&#8217;une musique encore décriée. Cela est d&#8217;autant plus problématique</div>
<div>lorsqu&#8217;lon tient compte de l&#8217;analyse d&#8217;Olivier Morin qui dans sa thèse de</div>
<div>doctorat sur la transmission culturelle explique que &#8220;lorsque dans une</div>
<div>société donnée, une tradition est bien mémorisée, elle a plus de chance d&#8217;y</div>
<div>être transmise mais à deux conditions : que ceux qui la mémorisent vivent</div>
<div>longtemps et qu&#8217;ils soient accessibles aux autres.&#8221;</div>
<div>Et Morin de préciser à propos de la</div>
<div>transmission &#8220;la persistance des traditions ne dépend pas avant tout de</div>
<div>leur transmission. Une transmission n&#8217;est ni suffisante, ni nécessaire : il</div>
<div>faut également que la transmission soit assez abondante pour créer des chaines</div>
<div>de diffusion multiples, redondantes, robustes et réparables. Pour durer les</div>
<div>traditions ne se content pas de survivre : elles doivent proliférer.&#8221;</div>
<div>C&#8217;est là que le rôle d&#8217;une autre femme</div>
<div>guadeloupéenne du gwoka, Jacqueline Cachemire-Thôle, nous semble déterminant.</div>
<div>En effet en choisissant à un moment de</div>
<div>sa vie de professeur d&#8217;éducation physique et sportive d&#8217;intégrer la danse, puis</div>
<div>le gwoka à l&#8217;école et ensuite d&#8217;ouvrir des ateliers et une école pour le gwoka</div>
<div>en milieu urbain Mme Cachemire-Thôle a posé un acte essentiel car comme</div>
<div>l&#8217;explique Gabriel Tarde l&#8217;ascendant culturel des milieux urbains où se</div>
<div>trouvent les notables et les dirigeants est essentielle dans la diffusion</div>
<div>culturelle. Tarde précise que ce sont les élites définies par leur statut, leur</div>
<div>fortune ou leur réputation qui tendent à jouer le rôle de leader d&#8217;opinion.</div>
<div>Avec Mme Cachemire-Thôle qui a validé</div>
<div>son savoir auprès de nombreux musiciens et danseurs reconnus comme entre autre</div>
<div>Yves Thôle et Bébé Rospard, le gwoka s&#8217;est imposé dans les milieux des classes</div>
<div>moyennes et plus de Pointe-à-Pitre et de la Guadeloupe plus généralement. En</div>
<div>effet, du fait de son métier d&#8217;enseignante (statut social valorisé à l&#8217;époque),</div>
<div>de son statut de femme qui confère en général dans les sociétés, surtout dans</div>
<div>les sociétés matrifocales un prestige moral, elle a pu jouer un rôle de leader</div>
<div>d&#8217;opinion dans la transmission et la valorisation du gwoka.</div>
<div>Elle a été de ce fait, à son insu, ce</div>
<div>que E. Rogers nomme un leader d&#8217;opinion à savoir &#8220;un individu capable</div>
<div>d&#8217;influencer informellement les attitudes ou les comportements publics des</div>
<div>autres individus dans le sens qu&#8217;il souhaite avec une certaine fréquence.&#8221;</div>
<div>Et comme le souligne Morin, ce qui</div>
<div>compte pour être influent, c&#8217;est de connaitre beaucoup de gens, d&#8217;être bien</div>
<div>connecté. Il est par ailleurs connu que les individus les mieux connectés sont</div>
<div>aussi ceux qui ont le meilleur statut.</div>
<div>Même si ce ne fut pas une tâche facile,</div>
<div>le gwoka portée par une enseignante, fonctionnaire, urbaine, sortait ainsi de biten</div>
<div>a vyé nèg bitasyon et trouvait une certaine respectabilité et une certaine</div>
<div>légitimité dans le milieu urbain.</div>
<div>Mme Cachemire-Thôle a ainsi permis 3</div>
<div>choses qui nous semblent capitale dans la transmission :</div>
<div>-une urbanisation massive du gwoka dans</div>
<div>ses cours, par opposition aux groupes folkloriques qui étaient à l&#8217;époque assez</div>
<div>sélectifs</div>
<div>-une légitimation de cette musique car</div>
<div>ayant permis qu&#8217;elle pénètre des milieux sociaux auxquels elle n&#8217;aurait jamais</div>
<div>eu accès en demeurant comme le souhaitait certains &#8220;puristes&#8221;</div>
<div>confinée à la campagne</div>
<div>-elle a pu donner au gwoka une</div>
<div>respectabilité car il était dans ce milieu pris en charge par des femmes que</div>
<div>l&#8217;on aurait pu dire à l&#8217;époque &#8220;de la bonne société&#8221; mais surtout des</div>
<div>mères de familles qui accompagnaient leurs enfants dans ce qui était vu encore</div>
<div>par certains comme on mizik a vyé nèg é a mové fanm.</div>
<div>Elle a ainsi permis de vérifier avec la</div>
<div>gwoka ce que disait déjà Frederick Barth &#8220;que les frontières des groupes</div>
<div>sociaux ne s&#8217;alignent pas sur les frontières culturelles.&#8221;</div>
<div>Les femmes majoritaires à 90% dans les</div>
<div>cours de Mme Cachemire-Thôle, venant souvent accompagnées de leurs enfants,</div>
<div>nièces, ou neveux procuraient inconsciemment de part cet acte de légitimation</div>
<div>et d&#8217;autorisation les nouvelles recrues pour ces cours de danse mais aussi</div>
<div>d&#8217;autres à travers la Guadeloupe.</div>
<div>Ainsi nous avons pu assister grâce à ce</div>
<div>rôle de médiatrice de Mme Cachemire-Thôle à un phénomène que Morin a pu</div>
<div>observer chez d&#8217;autres peuples : la diffusion de pratiques culturelles des plus</div>
<div>humiliés aux plus puissants, des plus obscurs aux mieux considérés.</div>
<div>Grace à cette interface entre la ville</div>
<div>et la campagne et au nombre impressionnant de femmes de tous âges et de tous</div>
<div>milieux sociaux ayant appris à danser et à jouer au ka sous la férule de Mme</div>
<div>Cachemire-Thôle et son équipe, les léwoz sont devenus des lieux de rendez-vous</div>
<div>incontournables où les femmes issues de milieux urbains pouvaient se rendre et</div>
<div>s&#8217;exprimer sans risquer insultes et doutes sur leur respectabilité. Une</div>
<div>formation d&#8217;animateur en danse et musique traditionnelle comptant là aussi une</div>
<div>majorité de jeunes femmes a permis de démontrer que vivre de la formation au</div>
<div>gwoka était possible et noble.</div>
<div>Mme Cachemire-Thôle a aussi permis grâce</div>
<div>à ses cours de mettre en place une transmission horizontale à savoir au sein</div>
<div>d&#8217;une même génération et même une transmission verticale de bas en haut, des</div>
<div>plus jeunes initiant des plus anciens au gwoka qui dans leur jeunesse leur</div>
<div>était interdit.</div>
<div>Comment parler de la place de la femme</div>
<div>dans le gwoka sans noter la propension de plus en plus grande qu&#8217;elles ont à</div>
<div>investir le chant (Jacqueline Etienne, Josélita Jacques, Marie-héléna Laumuno,)</div>
<div>ou le ka lui-même avec les femmes de Koséika Lanmou fanm ka ou Sobo et j&#8217;en</div>
<div>oublie certainement. En restant femmes elles y apportent leur sensibilité et</div>
<div>leur perception féminine essentielle de la société. Fanm an gwoka rété fanm é</div>
<div>kontinyé transmèt kon fanm.</div>
<div>Pour terminer j&#8217;ai envie de citer une</div>
<div>personne qui m&#8217;avait fait une réflexion un jour où nous étions dans un léwoz,</div>
<div>mon époux : il m&#8217;a dit &#8220;an té toujou sav kè lè fanm té ké pran gwoka an</div>
<div>men i pa té ké jen mô pas zo sé dé pasioné&#8221; (je savais que du jour où les</div>
<div>femmes prendraient le gwoka en main il n&#8217;allait plus mourir car vous êtes des</div>
<div>passionnées). Cela est vrai. Particulièrement en Guadeloupe où de part</div>
<div>l&#8217;histoire, les femmes ont toujours eu à mettre en place des stratégies de</div>
<div>survie. Ces passions à mon avis font partie de celles qui ont permit au gwoka</div>
<div>d&#8217;exister sur le sol guadeloupéen et de se transmettre jusqu&#8217;à nous</div>
<div>particulièrement par celles qui donnent la vie.</div>
<div>Mais les passions sont encore plus</div>
<div>importantes. Elles possèdent nous dit Hegel une fonction nécessaire : sans leur</div>
<div>force aucune action ne serait accomplie, elles sont le moteur de l&#8217;histoire</div>
<div>humaine.</div>
<div>Et nous le savons : celui qui se perd</div>
<div>dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion.</div>
<div>Patricia BRAFLAN-TROBO</div>
<div>Sociologue</div>
<div>PàP le 16 Mars 2011 6 6</div>
<div>Quelques</div>
<div>définitions :</div>
<div><strong>Patrimoine </strong>: D&#8217;un point de</div>
<div>vue culturel, le &#8220;patrimoine&#8221; peut se définir comme l&#8217;ensemble des</div>
<div>biens, matériels ou immatériel, ayant une importance artistique et/ou</div>
<div>historique certaine, et qui appartiennent soit à une entité privée (personne,</div>
<div>entreprise, association&#8230;) ou à une entité publique (commune, département,</div>
<div>région, pays&#8230;) et qui est généralement préservé, restauré, sauvegardé et</div>
<div>généralement montré au public, soit de façon exceptionnelle, soit de façon</div>
<div>régulière, gratuitement ou au contraire par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un droit d&#8217;entrée</div>
<div>et de visite payant.</div>
<div>Le patrimoine dit &#8220;<em>matériel</em>&#8220;</div>
<div>est surtout constitué des paysages construits, de l&#8217;architecture et de</div>
<div>l&#8217;urbanisme, des sites archéologiques et géologiques, de certains aménagements</div>
<div>de l&#8217;espace agricole ou forestier, d&#8217;objets d&#8217;art et mobilier, du patrimoine</div>
<div>industriel (outils, instruments, machines, bâti&#8230;)</div>
<div>Le patrimoine immatériel peut revêtir</div>
<div>différentes formes : chants, costumes, danses, traditions gastronomiques, jeu,</div>
<div>mythes, contes et légendes, petits métiers, témoignages, captation de</div>
<div>techniques et de savoir faire, documents écrits et d&#8217;archives (dont</div>
<div>audio-visuelles)&#8230;</div>
<div>Le patrimoine fait appel à l&#8217;idée d&#8217;un</div>
<div>héritage légué par les générations qui nous ont précédées, et que nous devons</div>
<div>transmettre intact ou augmenté aux générations futures, ainsi qu&#8217;à la nécessité</div>
<div>de constituer un patrimoine pour demain. On dépasse donc largement la simple</div>
<div>propriété personnelle (droit d&#8217;user <em>et d&#8217;abuser </em>selon le droit romain).</div>
<div>Il relève du bien public et du bien commun.</div>
<div><strong>Folklore </strong>: (de l&#8217;anglais <em>folk</em>,</div>
<div>peuple et <em>lore</em>, savoir) est l&#8217;ensemble des productions collectives</div>
<div>émanant du peuple et se transmettant d&#8217;une génération à l&#8217;autre par voie orale</div>
<div>(contes, récits, chants, musiques, danses et croyances) ou par l&#8217;exemple</div>
<div>(rites, savoir-faire).</div>
<div><strong>Culture </strong>: Dans son sens</div>
<div>le plus large, la culture peut aujourd&#8217;hui être considérée comme l&#8217;ensemble des</div>
<div>traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui</div>
<div>caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et</div>
<div>les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l&#8217;être humain, les</div>
<div>systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.</div>
<div><strong>Références </strong></div>
<div>Barth, F.</div>
<div>(1969). Pathan identity and its maintenance. In Ethnic groups and boundaries</div>
<div>(p. 130-150). Oslo : Little Brown and Co. BNF</div>
<div>GABALI</div>
<div>Jocelyn, Diadyéé, Imprimerie Edit</div>
<div>Gracchus Fritz (1980), Les lieux de la</div>
<div>mère dans les sociétés afroaméricaines, Editions caribéennes</div>
<div>Hilaire Marie-Michelle 1997, Martinique,</div>
<div>famille enfants et société, Voies tropicales</div>
<div>Leiris Michel 1955, Contacts de</div>
<div>civilisations en Martinique et en Guadeloupe, Gallimard 7 7</div>
<div>Lesel Livia</div>
<div>1999, Le père oblitéré, Chronique d&#8217;une illusion antillaise, éditions</div>
<div>l&#8217;Harmattan</div>
<div>Morin O., La transmission culturelle.</div>
<div>Questions philosophiques et méthodes quantitatives dans l&#8217;étude des traditions,</div>
<div>Thèse de doctorat, Déc 2010</div>
<div>Rogers,</div>
<div>E. (1995). The diffusion of innovations. Glencore, Illinois : The Free Press</div>
<div>Tarde, G. (1895/1993).</div>
<div>Les lois de l&#8217;imitation (2e éd.). Paris : Editions Kimé</div>
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